Nous passons notre temps reliés les uns aux autres par téléphone portable ou sur Internet. Sur MySpace ou Facebook, nous collectionnons les amis virtuels, qui nous rassurent sur notre vie sociale. Plus on est de fous, plus on vit. Plus nous sommes en réseaux, plus nous sommes rassurés. Dans ce contexte, le solitaire est vu comme un inadapté, voire un méchant qui n'arrive pas à aimer son prochain. On le plaint. Rien ne fait plus peur. Mais si nous faisions fausse piste ? Et si la solitude était nécessaire, constructive, source d'équilibre ? Pour les psychanalyste.
l'ennemi serait même la « mauvaise solitude » que nous essayons de calmer par tous les moyens : dépendance amoureuse, suractivité, boulimie, alcool... Alors que réussir à se sentir bien seul avec soi-même serait le meilleur moyen de mener une vie riche et remplie.
La « bonne solitude », c'est se sentir bien avec soi-même. Ne pas se sentir dévasté quand on est privé des autres. Ne pas être dans une demande démesurée. Ne pas voir l'autre comme un objet de besoin, nécessaire pour se calmer, s'aider à vivre. Cet état de « bonne solitude » est primordial : on y trouve de quoi se ressourcer, se reposer, mettre en œuvre ses potentialités. On se tourne vers sa vie personnelle, ce qui est nécessaire pour être ensuite capable d'échanger avec les autres. Au contraire, les gens incapables d'être seuls vivent une « solitude détresse », où ils éprouvent une angoisse sourde, un sentiment d'abandon, de désolation, de vide intérieur, voire de disparition de soi. Cela peut s'accompagner de sensations physiques : des vertiges ou l'impression de tomber dans un vide sans fin. Nombre d'entre nous font l'expérience de cette solitude détresse à des degrés divers. On ne s'en rend pas forcément compte, tant ces sentiments sont imperceptibles, insaisissables : ce sont des « angoisses sans nom », des « agonies primitives », qui remontent aux tout premiers temps de la vie. Des personnes croient qu'elles ont un problème avec l'alcool, la boulimie ou qu'elles sont trop dépendantes de leur conjoint mais, plus profondément, elles cherchent surtout à calmer leur incapacité à être seules. On peut tous l'éprouver à certains moments. Après une rupture amoureuse ou un deuil, par exemple.